La collégiale romane Saint Jean Baptiste

La collégiale romane Saint Jean Baptiste

Historique

Contexte historique

La paroisse de Saint-Jean-Baptiste est connue depuis les années 990 par le cartulaire de Chamalières qui cite une donation faite par Girard d’une manse exploitée par un dénommé Bonhomme.

À la fin du XIe siècle et au XIIe siècle, de nombreuses donations sont faites à l’abbaye voisine de Chamalières dans la bourg de retournac. En 1165, les châteaux de Retournac et d’Artias sont confirmés à l’évêque du Puy par le pape Alexandre III. Retournac va rester jusqu’à la Révolution une co-seigneurerie entre l’évêque du Puy et la baronnie de Roche-en-Régnier.

En 1446, Jean de Bourbon, évêque du Puy (1443-1485), fonde une collégiale dans l’église Saint-Jean-Baptiste. Le chapitre collégial est supprimé le 9 janvier 1791[2]

Le -9 janvier 1791 le chapitre collégial est supprimé « en considération de décisions prises par le Département ».

 

Historique de la collégiale

La nef de l’église avec son abside et ses deux absidioles est construite au XIIe siècle. L’église aurait jouxté l’ancien château (aujourd’hui démoli) et aurait été partie constituante des fortifications médiévales, ainsi qu’en témoigne la présence, au sommet du clocher, de trous de boulin destinés à supporter un hourdage.

La nef comporte trois travées et se termine par une abside semi-circulaire voûtée en cul-de-four, moins haute et moins large que la nef, sur laquelle se greffe directement, sans déambulatoire, deux absidioles rayonnantes. Les deux premières travées sont voûtées en plein cintre. La poussée des voûtes a entraîné un dévers des murs gouttereaux. Les arcs-doubleaux de la voûte reposent sur des demi-colonnes couronnées de chapiteaux à feuillages. La troisième travée est voûtée par une coupole soigneusement appareillée. Le passage du carré au cercle est assuré par des trompes particulières. Au-dessus de la coupole a été construit un puissant clocher dont le plan est habituel en Velay.

L’édifice est construit en brèche volcanique rouge tirée des carrières voisines de Meycuret et une roche gréseuse ocre jaune.

Puis à des dates variables ont été ajoutées des chapelles latérales à caractère funéraire. Elles ont probablement remplacé des chapelles plus anciennes, dont cependant on a réutilisé les trois clefs de voûte pendantes, lesquelles ainsi sont toujours visibles. La plus ancienne semble être celle située au sud de la dernière travée de la nef. Elle doit dater du XVe siècle. Elle est moins large que la travée de la nef. Une autre chapelle est construite en face, côté nord. Elle porte la date de 1674.Les quatre autres chapelles situées de part et d’autre de la nef sont réalisées en une seule campagne.

On trouve la date de 1729 sur la façade. Dans la chapelle de la première travée, à droite, se trouve le caveau de la famille de Vaux, derniers co-seigneurs de Retournac. En même temps que l’on a construit ces chapelles, on a ouvert une porte sur la façade extérieure sud permettant d’accéder à l’église. L’ancien portail de l’église s’ouvrait dans la première travée de la nef, côté sud. La construction des chapelles latérales va supprimer cet accès qui est remplacé par un portail sur la façade occidentale. Au XVIIIe siècle, les murs de la nef sont surélevés pour poser une charpente au-dessus de la voûte. L’abside de l’église n’a pas été modifiée.

Ces chapelles ont constitués les bas-côtés.

 

Les vitraux en dalle de verre d’Henri GUERIN

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La collégiale Saint Jean Baptiste possède en son sein une particularité exceptionnelle qui lui donne droit de cité en qualité d’œuvre d’art, auprès de monuments comme le monastère des Bénédictines du Monts des Oliviers à Jérusalem, le patio de la chapelle italienne de Genève, ou la chapelle du petit séminaire d’Ottawa au Canada :

Un maître-verrier de réputation internationale, Henri GUERINn, créé des vitraux en dalles de verre, lors de trois opérations en 1966, sur la façade sud, en 1986 dans le chœur même de l’église puis en 2006 sur son coté nord. L’idée  » lumineuse  » d’Henri Guerrin a été d’intégrer un jeu entre la transparence du verre clair industriel, qui laisse le passage du regard vers l’extérieur, et la translucidité de la dalle de verre qui colore et prolonge la lumière vers l’intérieur. Ce contraste structure une rythmique chromatique qui donne à ses vitraux une luminosité extraordinaire, transcendant également l’aspect chaleureux de cet ensemble, toujours unique dans les créations de l’artiste. « La lumière anime toute chose, dit Henri GUERIN, et chaque ombre lui donne sa mesure, et chaque nuit son éclat à venir, tous les jours entre aurore et crépuscule. » Henri GUERIN n’a pas créé la lumière, ni ses mains, ni ses yeux, et ses vitraux assemblés lui échappent, comme une offrande.

http://www.henri-guerin.com/

 

 

Bibliographie

  • Yves Esquieu, L’église collégiale de Retournac, p. 615-624, dans Congrès archéologique de France. 133e session. Velay. 1975, Société Française d’Archéologie, Paris, 1976
  • Dictionnaire des églises de France, Tome IIB. Auvergne – Limousin – Bourbonnais, p. 119, Robert Laffont, Paris, 1966