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Les collections

Les dentelles

Le fond des Manufactures de Dentelles qui compose la base des collections du musée se compose de différents types de dentelles qui se répartissent en 5 grandes catégories :

- Les dentelles au mètre
- Les motifs à incruster
- Les pièces pour l'habillement
- Les ornements liturgiques
- Le linge de maison

 

Les dentelles au mètre

L'histoire de cette production en Haute-Loire remonte au XVIIème siècle puisque plusieurs textes font mention de coupes et de pièces de plusieurs aunes, c'est-à-dire des métrages de dentelles composés de la répétition régulière d'un motif.
Pour ce qui concerne l'histoire de la fabrique, les premières traces de dentelles au mètre remontent aux pièces exécutées par la fabrique de Régis Experton dans les années 1860-1870. Ces pièces ont sans doute servi de base pour la manufacture "Experton Frère et Sœur" puis pour la manufacture "Auguste Experton & Fils".

Ces dentelles étaient destinées dès le XVIIème siècle aux encadrements de serviettes de tables, aux parures de lits, aux empiècements de robes. Ces pièces étaient vendues au détail en boutique ou par les colporteurs. Le commerce de ce produit a été considérable jusque dans les années 1970.

Les dentelles au mètre réalisées à la main constituent le fond le plus important de la fabrique "Auguste Experton & Fils". Il se compose de dentelles blanches et écrues qui représentent des métrages impressionnants puisque le stock est estimé à plus de 220 kilomètres. Les dentelles au mètre réunissent plus de 9000 modèles référencés dans les albums d'échantillons. Elles se partagent en volant et en entre-deux. L'étude des collections a dégagé une typologie des pièces de dentelles au mètre qui permet de les classer plus clairement selon leur genre : Torchon, Cluny, Guipure, etc.…


une partie du stock de dentelles au mètreéchantillon de volant, genre dit Cluny ou guipure fleurie


Les motifs à incruster

collecLe motif à incruster serait apparu en Haute-Loire vers 1851 d'après les dépôts réalisés au Conseil des Prud'hommes du Puy-en-Velay. Ces motifs à incruster présentaient une iconographie aussi spectaculaire que variée.
Pour ce qui concerne le fond de la manufacture, il est intéressant de noter la diversité des scènes représentées : divinité grecque, romaine ou égyptienne, scènes avec des anges ou des angelots, représentation de l'archange Michel terrassant un dragon. Ces modèles étaient parfois inspirés d'ouvrages de filet brodé mais également de certaines publications de modèles pour les ouvrages de dames comme ceux de Cesare Vecellio ou de Federico Vinciolo.
Les dentelles en motifs étaient destinées aux ouvrages de dames pour les incrustations des dessus de lits, les nappes, les taies d'oreiller et suivaient le même parcours de vente que les dentelles au mètre. Il faut remarquer qu'une partie de ces pièces était réutilisée par l'entreprise pour ses productions manufacturées.

Actuellement, le musée conserve environ 3500 modèles différents de motifs pour un stock de 19500 pièces.

 


Les pièces pour l'habillement

A côté des productions courantes, la fabrique proposait également des pièces destinées à l'habillement. Les productions conservées par le musée s'échelonnent de la fin du XIXème siècle à la fin des années 1960.

Les empiècements, cols et jabots :

La collection comprend des jabots, des cols, des bas de culottes, des empiècements de combinaisons, des modesties.

Cette production semble s'être développée très tôt dans la manufacture, probablement vers le début du XXème siècle. Selon toute vraissemblance, cette production était vendue en tant qu'empiècements à monter. La production de cols a donné lieu à une grande variété de modèles souvent remarquables par leurs dessins et qui étaient destinés à être portés de manière ostentatoire. Pour les empiècements, cette production semble s'effondrer dans les années 30 puisque le stock a été retrouvé en vrac dans un carton.

Le fond de modèles est estimé à 80 pour les cols et 80 pour les empiècements. Le Musée des Manufactures de Dentelles ne conserve pas de cols en dentelles mais près de 250 empiècements et bas de culottes.

 

Les pochettes fines :

La pochette fine a été jusque dans les années 1970 un objet luxueux et précieux offert lors des grandes occasions comme les communions. Ces pochettes font l'objet d'une production importante voire emblématique de la région du Puy-en-Velay depuis la fin du XIXème siècle.
La manufacture a développé très tôt cette production vers 1910. Leur réalisation a repris les différents genres de dentelles au mètre : Torchon, Cluny, Russe, Art Déco, etc.… Ces pochettes sont composées par un encadrement de dentelle très fine monté sur une toile, genre batiste. Sa commercialisation se faisait aussi sous forme d'encadrements à monter.
La manufacture conserve environ 450 modèles de ces pochettes sous la forme de cartons piqués.

 

La layette :

Cette production, alors restreinte jusqu'au XXème siècle, semble se développer dans le secteur de Retournac après 1945. Chez "Auguste Experton & Fils", des petits motifs en dentelles aux fuseaux représentant des chats, des lapins, … étaient appliqués sur des parures de berceaux ou sur des pochettes contenant des bavoirs ou des serviettes.

Le musée conserve 22 modèles différents pour un stock de 97 bavoirs, 1 drap de berceau et 14 ensembles bavoir et enveloppe.

 

 

Les ornements liturgiques :

La production de dentelles liturgiques remonte à la naissance de la dentelle au XVIème pour garnir les nappes d'autel mais également les aubes, les rochets, les cottas ou les surplis des ecclésiastiques. Dans le Velay, cette production semble se développer très tôt puisque les Dames de la Visitation du Puy possèdent une aube qui remonte vraisemblablement au XVIIème siècle.

Les manufactures de Retournac développent ces productions au début du XXème siècle et produisent des aubes et des rochets aux dessins admirables. La manufacture "Auguste Experton & Fils" en fait une de ses spécialités diffusée par un réseau de commercialisation nationale et internationale. Des fabricants d'ornements liturgiques prestigieux comme Poussielgue-Rusand, Chéret ou Biais à Paris se fournissent chez la famille Experton en garnitures d'aubes et de rochets en dentelles.

Le fond se compose de 749 pièces en forme qui se répartissent en :
- 143 modèles d'aubes étroites avec leurs manches et les doublons
- 26 modèles de rochets et de leur manches soit 118 pièces
- 2 modèles d'aubes larges soit 4 pièces en forme avec leur manches.

 

Le linge de maison

Le linge de maison représente une production très importante des fabriques de Retournac tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Le fond se compose du linge de maison " Cluny ", du linge de style Art Déco, du linge composé de fleurs des champs.

Le linge de genre " Cluny " :
Le linge de maison dit Cluny a représenté une des plus importantes activités des ateliers des manufactures de dentelles de Retournac. Cette production a en effet suscité la mise en place d'une chaîne opératoire pour la préparation et le montage de ce linge de maison. Selon les historiens, cette activité serait apparue dans les années 1880 mais l'expansion de cette production aurait eu lieu dans les années 1900.
La famille Experton développe cette activité au début du XXème siècle et crée de nombreux nouveaux modèles. On peut distinguer dans cette production la napperie, les stores, brise-bises, rideaux et les dessus de lits. Ces pièces s'inspirent souvent des pièces anciennes des XVIème et XVIIème siècles.
Ces pièces étaient commercialisées dans le monde entier. Les modèles étaient souvent réservés pour des grands magasins comme Le Printemps ou la Samaritaine et destinés à une clientèle aisée. Ce linge de maison genre Cluny a été détrôné dans les années 20 par le linge de Maison Art-Déco.
La manufacture conserve 20 nappes terminées et environ 960 encadrements en dentelles à monter sur toile pour les nappes, 2 pièces terminées pour les stores et les rideaux. Pour les dessus de lit, le stock se compose de 1950 pièces de filet brodé et de 1080 motifs en dentelle à l'aiguille pour incrustation.

 

Le linge de style " Art Déco " :

Ce style de linge est apparu dans les années 1920 et était alors qualifié de moderne par les dentellières et les ouvrières de la manufacture. Les dentelles étaient généralement écrues et montées sur toile de couleur. La gamme de produits de ce linge était moins importante que pour le linge Cluny et concernait le linge de table, quelques modèles de dessus de lit et des stores.

 

Le développement du style Art Déco dans le linge de table s'inscrit dans l'essor de ce mouvement dans les Arts Décoratifs à la même époque. Il faut noter que la commercialisation de ces produits suit les mêmes sites et clients que pour le linge Cluny. La seule nuance est la mise en vente des productions par saison : à chaque saison apparaît un nouveau modèle que l'on ne retrouvera pas l'année suivante.
Le stock se compose de 1490 pièces terminées et de 1800 encadrements en dentelles à monter sur toile.

Les " fleurs en couleurs " :

Ce genre relève beaucoup de la broderie puisque la dentelle ne fournit que des applications ponctuelles reliées par des motifs brodés ainsi qu'un fin encadrement de la pièce par une dentelle simple et peu large.
Selon toute vraissemblance, ce sont les établissements "Claire Experton & Cie" qui ont lancé en 1937 cette production. La broderie joue un rôle fondamental dans ces modèles puisqu'elle intervient pour réaliser les tiges et feuillages des fleurs développées dans de vastes compositions ornementales.
Le stock de linge de maison dit des fleurs en couleurs se compose de 136 pièces achevées et de plusieurs milliers de petites fleurs à appliquer sur toile.
Exceptée une tentative peu fructueuse de la part de Paul Experton, il ne semble qu'aucun nouveau style se dégage dans le linge de maison en dehors des genres Cluny, Art Déco et des fleurs en couleurs.

 

Les parures de draps :

Si il est possible de définir une évolution des styles pour le linge de maison, il est impossible d'établir clairement un découpage par style pour les parures de draps. Les genres se recoupent et perdurent de manière différente.
Ces parures de draps se composent le plus souvent d'un drap de dessus et de deux taies d'oreillers. Au niveau du commerce, la fabrique vendait aussi bien des pièces terminées que les encadrements de dentelles nécessaires à la confection de linge.
Les stocks représentent 120 pièces à monter sur toile qui servaient pour les encadrements de draps ou les taies d'oreillers.