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Artias, terre de légendes

 Les contreforts de la mystérieuse forêt de Miaune, abriteraient toujours, paraît-il, les lutins qui sauvèrent autrefois, Julite, héritière de la maison d'Artites et son époux, le fils du roi Brancos. En contrebas, assis sur un bloc basaltique à 723 m d'altitude, hautes ruines trouées, murailles éventrées, le château d'Artias et sa Chapelle dominent des précipices qui plongent dans le fleuve, ou se perdent en terrasses de cultures. Il est devenu le domaine de l'aigle Jean Leblanc, du faucon pèlerin, du Grand Duc et du Petit Duc, mais il suffit d'emprunter le sentier de pierres qui grimpe à flan de colline à partir du village d'Artias, pour écouter aux abords de l'édifice, le vent s'engouffrer par la porte de la Chapelle dédiée à St Denis, et vous compter les légendes qui ont traversé les siècles, depuis l'an 1082, début de la construction qui dura 70 ans.

 

Pénétrer l'âme d'Artias

Propriété de baronnies successives, des Seigneurs de Roche en 1267, à la maison de Vaux à la Révolution, il a abrité de grandes familles nobles, proche du trône de France, et conservé précieusement le secret d'assassinats, de complots, de rencontres illicites, de dévastations et pillages.

L'héritage demeure, et certains soirs au crépuscule, une  Dame Blanche hanterait l'édifice ruiné. Blanche de Castille, qui précipitait du haut de l'enceinte ses amants d'un jour dans les ténèbres ? Ou Marguerite de Valois, exilée à Usson et qui devint plus tard l'épouse d'Henri IV ? Peut-être Gudite, la servante qui venait danser pour les soldats, et périt dans l'incendie du château quand sa robe s'enflamma ? Et cette ombre furtive, qui se glisse entre les pans de murs, cherchant l'obscurité ? N'est-ce pas l'autoritaire Jean de Berry, secrétaire du Duc Jean de Bourbon, précipité dans la Loire du haut des tours, pour défraiement de toutes ses malfaisances ? L'histoire du Beau Troubadour, qui enleva le jour de la Chandeleur, Eldeberte de Malyvert, fille du Baron de Roche, pour la soustraire à son mariage avec le Comte Reynier de Chomelix, est de celles qui réconcilie avec la féodalité.

Du haut des tours, ou ce qu'il en reste, un point de vue majestueux embrasse le pays des Sucs et domine le Val de Loire entre Chamalières et Retournac. Après votre ascension, si vous prenez le temps de vous asseoir sur le créneau qui donne plein Sud, la solennité et la magie des lieux vous berceront, peut-être entendrez vous les mules et les bœufs dressés, remontant de Chamalières les pierres de la construction du château…ou les Moines du monastère de Chamalières, qui gravissent l'étroit sentier qui serpente du fleuve au rocher, pour assister au repas offert par le Seigneur…Vous aurez alors pénétré l'âme d'Artias.