ORNITHOLOGIE
En 1998, la mairie de Retournac demandait à la Ligue
pour la Protection des Oiseaux Auvergne de mener une étude
sur le peuplement de l'avifaune dans la zone des terrasses d'Artias,
dans le cadre du programme européen PROTERRA.
Cette étude, réalisée sur deux ans, a eu
pour objectifs d'observer et de recenser les différentes
espèces présentes sur le site et de proposer des
préconisations pour conserver ce patrimoine vivant. Voici
quelques éléments des conclusions apportées.
La zone accueille 17 espèces peu représentées
telles que le Rouge-queue noir, le Rouge-queue à front
blanc, le Pinson des arbres, la Fauvette grisette, la Fauvette
des jardins, la Sittelle torchepot, la Linotte mélodieuse,
la Mésange nonnette, la Mésange à longue
queue, la Mésange huppée, la Mésange noire,
le Grimpereau des jardins, le Pic vert, le Pouillot de bonnelli,
le Bruant jaune, le Bruant fou, la Buse variable.
Certaines autres espèces vivent à proximité
: le faucon crécerelle, le Hibou petit duc, le Hibou moyen
duc, le Hibou grand duc, la Chouette effraie, la Chouette chevêche,
le Grand Corbeau, le Bruant fou, la Pie grièche écorcheur,
l'Alouette lulu, le Bruant zizi, l'Hypolaïs polyglotte, l'Accenteur
mouchet.
Enfin des oiseaux utilisent le site pour hiverner ou chasser,
ou bien encore lors de leur migration : ont été
notés le Geai des chênes, le Pic épeiche,
la Corneille noire, le Tarier pâtre, la Locustelle tachetée,
l'Accentur alpin, l'Epervier d'Europe, le Circaète jean
le blanc, le Milan noir, le Milan royal.
50 espèces ont donc été
contactées sur le site et sa proche périphérie.
Une très bonne diversité due à l'attrait
que représentent les gorges avoisinantes : forêts,
rivière, falaises, … Quant à l'attrait du site lui-même,
seul l'analyse des oiseaux nicheurs nous permet de l'estimer.
Ainsi nous constatons la très bonne représentation
d'oiseaux forestiers des strates buissonnantes :
Le Rouge-gorge familier Erithacus
rubecula : c'est une espèce qui peut véritablement
fluctuer d'une année sur l'autre du fait des hivers rigoureux.
Elle apprécie les forêts ombragées, le bocage,
les parcs et jardins. Le Rouge-gorge recherche sa nourriture au
sol où il élève souvent ses nichées
à l'abri de souches, de murets, de buissons. Avec une densité
de 7 mâles chanteurs sur les 4 hectares de la zone étudiée,
il semble que nous nous trouvons devant un site fort attrayant
pour cette espèce. Des secteurs forestiers pourtant à
l'origine lieu de prédilection de l'espèce, n'en
attirent pas autant !
Le troglodyte mignon Troglodytes : c'est une espèce polygame, le mâle s'occupant chaque
année de plusieurs femelles. On le rencontre dans les milieux
boisés, riches en végétation basse, en buissons,
où il installe, au sol, son nid de mousse en forme de noix
de coco. 3 mâles chanteurs ont été localisés,
ce qui représente une bonne densité sur 4 hectares.
Le Merle noir Turdus merula : c'est une espèce devenue commune puisqu'elle est désormais
bien implantée en zone urbaine. Le Merle est présent
dans une grande variété de milieux pourvu qu'il
dispose de quelques arbres et buissons pour y construire son nid.
Les espaces enherbés (pelouses, prairies) et les jardins
sont des milieux qu'il apprécie fortement car il y trouve
une quantité importante de lombrics. Son alimentation est
également faite de larves d'insectes et de baies. Sur la
zone des terrasses d'Artias, 3 mâles chanteurs ont été
localisés. Ces oiseaux, plus grands que les précédents
observent des territoires plus importants, mais la densité
observées ici est tout à fait normale.
Le Rossignol philomèle Luscinia megarhynchos : le Rossignol chante et niche dans
les fourrés. Migrateur, il est présent d'avril à
août et, quand il arrête d'émettre ses longues
phrases musicales, c'est pour mieux s'occuper de sa nichée
qui vient d'éclore vers la mi-mai. Nous avons recensé
5 mâles chanteurs, situés principalement dans le
ravin autour du ruisseau, ou dans les haies en bordures de parcelles
cultivées, là où la végétation
demeure basse.
La Chouette hulotte Strix aluco : la plus grosse chouette de France est la plus commune. En effet,
elle est peu exigeante quant à son site de nidification
(vieux nid de corvidés ou trou dans un arbre, voir bâtiment)
ainsi que son alimentation : passereaux, micro-mammifères.
2 mâles chanteurs semblent bien installés.
La Mésange charbonnière Parus major : une des espèces européennes
des plus communes, elle fait partie d'un cortège d'oiseaux
qui constitue la base de nos milieux forestiers. Oiseau cavernicole,
mes murets en pierres sèches, arbres creux, boîtes
aux lettres, tas de parpaings, et bien entendu nichoirs, sont
rapidement convoités par les couples de Mésanges
pour y déposer 2 ou 3 pontes de 8 œufs par an. Les alentours
du ruisseau des terrasses d'Artias semblent bien fréquentés,
et 5 chanteurs ont été recensés sur l'ensemble
de la zone. Ces derniers se tenant, bien entendu, près
des arbres anciens disposant de cavités.
La Mésange bleue Parus
caeruleus : appréciant les mêmes milieux, et
ayant les mêmes exigences que sa cousine la Mésange
charbonnière, la Mésange bleue n'est pourtant pas
aussi commune. Seuls 2 territoires ont été localisés
sur les terrasses d'Artias, malgré d nombreux autres contacts
ponctuels avec l'espèce.
La Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla : c'est la Fauvette la moins exigeante
quant à son milieu de vie : elle fréquente aussi
bien les jardins que les sous-bois, en passant par les haies,
les friches… Pourvu qu'elle puisse tout de même installer
son nid à faible hauteur (moins de 2 m) dans un buisson.
L'espèce est bien présente à Artias car 6
mâles chanteurs y ont été notés et
c'est un chiffre qui dépasse les moyennes connues qui sont
de 0,5 à 1 couple par hectare. La diversité des
milieux rencontrés à Artias (zones forestières,
en friche, cultivées) est à l'origine de cette densité.
Le Pouillot véloce Phylloscopus
collybita : espèce liée à la végétation
basse, qui lui permet de camoufler au sol un nid en boule fait
d'herbe et de feuilles sèches, le Pouillot véloce
se rencontre bien souvent dans les forêts et ses lisières,
ainsi que le long des haies. Deux pontes sont menées successivement,
obligeant parfois le père à nourrir des jeunes à
peine sortis du nid, tandis que la femelle couve la seconde nichée
! 10 chanteurs pour 4 hectares semble être un chiffre qui
se rapproche du record connu dans une chênaie du Lac de
Grand Lieu (Loire atlantique) où ont été
recensés 23 couples pour 10 hectares !
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